J'ai lu pour vous .... Newton par Richard Westfall

Je suis tombé amoureux de ce livre à la fac, si bien que quelques années après je l'ai acheté et relu une seconde fois. Voici quelques-un de mes passages préférés : Dr Johnson : ' nous sommes tous mus par les mêmes motifs, tous trompés par les mêmes illusions, tous animés par espoir, retenus… [more]

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Nouvelle : le lapin blanc

« Vivre mes différences, Où sauver les apparences, Prisonnier de jolis mensonges, Quand la peur de la vérité nous ronge. Entre rêve et réalité, Je cherche mon identité, Pourquoi c'est laid? Pourquoi c'est beau ? Qui connaît le vrai du faux » Les charts ; « Je ris, je pleure » Jean-Marc… [more]

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Nouvelle ... Ma vie après que je sois mort

Lorsque j’ai ouvert les yeux, la première chose qui m’a frappée fut la lumière qui régnait dans la pièce. Je ne distinguais aucune lampe, mais il y avait comme une source de lumière omniprésente qui produisait un halo autour des objets. Je suis resté là à contempler un cadre où défilaient… [more]

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J'ai lu pour vous ... les objets fractals de Benoit Mandelbrot

Quand j'ai découvert les fractales étant adolescent, j'ai trouvé cela tout de suite fascinant : cette plongée dans l'univers des chiffres, des formules somme-toute assez simples, mais qui révèlent un paysage mathématique complexe et presque vivant. Bien entendu, la première fractale que j'ai… [more]

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J’ai lu pour vous … l’ensorcellement du monde de Boris Cyrulnik

Comprendre quelle est notre place dans le vivant, comment nous en procédons et comment nous en émergeons : tel est l'enjeu de ce livre qui retrace la généalogie du monde humain où, contrairement à une certaine idéologie libérale, la notion même d'individu n'a pas de sens, car chacun est d'emblée… [more]

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J’ai lu pour vous … Ils ont battu Wall Street de Thomas Bass

"Les personnes qui maîtriseront la nouvelle science de la complexité deviendront les superpuissances économiques, culturelles et politiques du siècle prochain" HEINZ PAGELS Aperçu général : Les physiciens ont trouvé la formule pour prédire la bourse ! "Toute la journée, les marchés oscillent… [more]

J’ai lu pour vous … Ils ont battu Wall Street de Thomas Bass J’ai lu pour vous … Ils ont battu Wall Street de Thomas Bass

La Machine à explorer le temps (The Time Machine) est un roman de science-fiction, écrit en 1895 par H. G. Wells. Il est considéré comme un classique du genre sur le voyage dans le temps. Deux  films ont été adaptés de ce roman, le premier de George Pal relativement proche du roman originel et sorti en 1960, et un second en 2002, par  Simon Wells, qui n’est autre que l’arrière petit-fils de H. G. Wells !  Il y aussi « C’était demain » ou en 1893, Jack l’Éventreur s’enfuit à bord de la machine à explorer le temps d’H.G. Wells, mais c’est trop éloigné du scénario original.

La version de 2002 a été vivement critiquée, même si pour ma part je l’ai trouvé passionnante. Il y a juste un élément, un paradoxe temporel, qui ne me plait pas du tout… Mais avant cela, il me faut vous compter l’histoire. New York 1899. Alexander Hartdegen, brillant professeur à l’université de Columbia, s’apprête à demander la main de la femme qu’il aime en lui offrant une bague en pierre de lune dans Central Park. Mais la demande en mariage est interrompue par un voleur qui tua la jeune femme qui avait refusé de lui donner la bague. Détruit, Alexander, obstiné a vouloir changer les choses, construit pendant quatre ans en ne sortant plus de son laboratoire, une machine à explorer le temps. Si vous avez envie de voir ce film, arrêtez là la lecture de cet article et revenez-y seulement après car je vais devoir vous dévoiler les principaux éléments du film. Alexander revient quatre ans en arrière et retrouve sa bien-aimée à ce moment là toujours vivante. Il choisi cette fois-ci la ville pour lui parler. Mais la jeune femme meurt renversée par une calèche. Il essaye à plusieurs tentatives et comprend que quoi qu’il fasse, elle mourra !

Il part dans le futur trouver une réponse à sa question et se retrouve en l’an 802 701.  Il y apprend pourquoi il ne pourra jamais sauver sa bien aimée. Et tenez-vous bien : « Tu ne pourras pas la sauver car sans sa mort, tu n’aurais jamais construit cette machine » ! La sentence tombe comme un couperet ! Et oui, c’est logique en fin de compte : il existe probablement plusieurs univers où son aimé ne meurt pas ce jour là – mais dans chacun de ces univers, lui ne réalise pas sa machine. On pourrait contester le fait qu’un brillant professeur comme Alexander n’avait probablement pas besoin de cela pour réaliser sa machine, mais c’est le choix du film – on ne peut le critiquer de ce coté là.

Cependant, l’auteur s’est trompé : il est possible de sauver la jeune femme ! « Tu ne pourras pas la sauver car sans sa mort, tu n’aurais jamais construit cette machine » – c’est vrai, sauf que sa mort n’est pas nécessaire. Il suffit qu’Alexander en soit persuadé et là, il n’y aura pas de paradoxe ! Le paradoxe nait du fait que s’il la sauve en 1899, alors il ne construit pas la machine et s’il ne construit pas la machine, impossible de revenir la sauver en 1899. Pour qu’il n’y ait pas paradoxe, il faut que le scénario tourne en boucle – que cela ce soit toujours passé ainsi !

En effet, imaginons le scénario suivant :

  1. Elle meurt en 1899, renversée par une calèche
  2. Il construit la machine et apprend en 802701 pourquoi il ne peut lui sauver la vie ainsi
  3. Il retourne en 1899, lui explique ce qui va se passer et la convainc qu’il n’y aucune autre solution que celle qu’il va utiliser
  4. Il simule sa mort et repart avec elle en 1900 par exemple et se font tous les deux passer pour mort
  5. L’Alexander de 1899 réalise la machine et tente de sauver son aimée… et patati et patata… et retour en 1. après sa révélation en 802701 – et la boucle est bouclée !

Il n’y a plus de paradoxe ici car l’Alexander de 1899 pense que son aimée est morte, il construit sa machine et quand il avance dans le temps, même s’il consultait les archives, tout lui dirait que son aimée est morte ce jour là et que lui-même a disparu. Le paradoxe est levé, mais pourquoi compliquer en faisant disparaitre le professeur? Le tout est d’éviter que lui-même, lors de ses voyages dans le temps (qui sont nécessaire à la résolution du problème) ne tombe nez à nez avec son double et sa moitié. C’est juste une précaution supplémentaire. J’aurais aimé que le film se termine sur cette note positive, comme la version de 1960 où le professeur fuit son époque (qui ne lui est pas adaptée) et part vivre le grand amour avec une Elohim dans le futur. Je n’aime pas les fins tragiques.

Bande annonce :

Le voyage de 1899 à 2030 :

Les orages ou tempêtes magnétiques : Ils provoquent des fluctuations brusques et intenses du magnétisme terrestre liées aux variations de l’activité solaire. Les couches électriques dans l’ionosphère feraient varier l’intensité du champ magnétique terrestre entraînant de nombreux orages magnétiques.Les effets vont d’un simple bruit électrique dans les câbles téléphoniques à la variation de direction des aiguilles d’une boussole. En 1965, une énorme panne de courant avait plongé les habitants du continent Nord-Américain dans l’obscurité, soit 30 millions de personnes sur 200 000 km2. En 1989, c’est une panne de même origine qui a touché 6 millions de personnes au Québec. Un vent solaire résultant peut même dévier un satellite de son orbite. Rappelons nous que le soleil concentre 99,86 % de la masse totale du Système Solaire. Il émet en une seule seconde plus d’énergie que les humains n’en ont jamais consommée. Comme de nombreuses étoiles, il possède une activité cyclique (le cycle solaire) dont la périodicité est de 11 ans environ et une variation de son activité à long terme au cours des siècles. Pendant les périodes d’activité maximum, le nombre de taches solaires est plus élevé et il se produit davantage d’éruptions solaires. Le surcroît d’activité solaire se traduit aussi par l’éjection dans l’espace de grandes quantités de matière. Les éruptions sont accompagnées de rayonnements intenses dans l’ultraviolet, en rayons X et en ondes radio. Voir ce post assez bien détaillé sur un évènement très proche de se produire  (le 3/11/10).

Gregor Mendel : Moine botaniste tchèque, il est communément reconnu comme le père fondateur de la génétique. Il est à l’origine de ce qui est aujourd’hui appelé les lois de Mendel, qui définissent la manière dont les gènes se transmettent de génération en génération. Élève de Doppler, le jeune Mendel est amené à s’intéresser aux théories de Franz Unger,  professeur de physiologie végétale. Ses travaux suscitèrent peu d’intérêt de son vivant. C’est en étudiant les pois qu’il a mis au point un ensemble de lois : la première est l’uniformité des hybrides en première génération (F1), c’est à dire qu’ aucune forme intermédiaire n’apparaît en F1 quand les parents sont de souches pures (=même génotype). La seconde est la loi de pureté des gamètes : Les facteurs héréditaires se séparent dans les gamètes. Un gamète ne contient qu’un facteur de chaque caractère. Et la 3ième : Ségrégation indépendante des caractères héréditaires.

L’aérogel : est un matériau semblable à un gel où le composant liquide est remplacé par du gaz. On obtient ainsi le matériau solide (silice, alumine, oxyde de chrome ou d’oxyde d’étain) le plus léger du monde. 37 fois plus isolant que de la laine de verre, il ne fond qu’à 1200° et supporte 2000 fois son poids. En2018, les premiers hommes à se diriger vers Mars seront équipés de combinaisons en aérogel. Une couche de 18 mm d’aérogel devrait permettre de les protéger de températures avoisinant les – 130° C. Une fois industrialisé, son procédé fournirait donc de l’aérogel à quelque 400 euros le kg, ce qui en ferait le matériau d’isolation le plus économique probablement.

Disparition d’iles : Avec la disparition complète de certaines iles, nous allons devoir créer une nouvelle forme de réfugiés – des réfugiés politiques, nous passerons au réfugiés environnementaux. Ce sera peut-être le cas d’une grande partie des iles Maldives (1200 actuellement). Les USA responsables de 50 % des émissions de gaz à effet de serre n’ont à aujourd’hui montré aucune volonté de réduire leurs émissions. Il serait souhaitable de les trainer devant un tribunal international.

Nanotechnologies : Les « nanomachins » sont déjà partout (dentifrice, pneus, ordinateurs, aliments, etc.) et rien n’oblige les producteurs à l’afficher sur les étiquettes de nos produits. On parle de nanotechnologie, quand l’objet passe sous le seuil des 100 nm. Quels sont les risques ? Dans l’atmosphère urbaine, il y aurait entre 10 et 20 millions de particules inférieures à 100 nm/l d’air.  Nous en respirons donc régulièrement. Mais on peut se demander si ce n’est pas une des causes de la prolifération d’allergies et de cancers… Comment notre corps traitera t-il les nanomatériaux sortis des laboratoires sachant que les études sont quasi-inexistantes sur le sujet ?

Le projet Desertec :  Issu de la Coopération Transméditerranéenne pour l’Énergie Renouvelable (TREC), fondée en 2003 par le club de Rome, Desertec prévoit de recouvrir une partie du Sahara de centrales thermiques solaires à concentration. Nous connaissons actuellement tous les inconvénients liés à la production centralisée d’électricité et découvrons progressivement les bienfaits de la production local décentralisée (moins de pertes dues au transport, moins de risques, etc.). Desertec est décidément d’un autre temps… 400 Milliards d’euros (dont 50 rien que pour le transport) – 40 ans de mise en place. La technologie utilisée par Desertec sera la plus classique :  des séries de miroirs de section parabolique, capables de suivre la course du soleil, concentreraient la lumière vers une structure cylindrique, échauffant un fluide jusqu’à 400°C. Sa chaleur serait transmise à un circuit d’eau, transformée en vapeur et faisant tourner des turbines. Ces centrales pouvant être associées à des usines de désalinisation, elles auraient une autre utilité : produire de l’eau potable, ce qui risque d’être fort utile à l’avenir. Sauf que les centrales thermosolaires consomment des quantités appréciables d’eau douce, une denrée rare en zone aride. Quel sera le bilan ? Ce sont les populations nomades qui vont être contentes… personne n’a du leur demander leur avis. Et quand on pense à toutes ces populations qui manquent d’électricité – on ira la produire juste à coté de chez eux, et on dépensera des millions pour la transporter chez nous… Douze multinationales sont sur le gâteau et vont se régaler avec ce nouvel écocolonialisme.

Le lithium : C’est un métal alcalin, rare, mou et ultraléger – C’est d’ailleurs l’élément solide le plus léger ! Présent dans les piles de nos téléphones portables et ordinateurs, il entrera bientôt dans les batteries des voitures électriques ‘lue nous conduirons. Cet « or gris » est devenu l’un des métaux les plus convoités. Le lithium c’est aussi l’élément chimique, de symbole Li et de numéro atomique 3 qu’on trouve juste à coté de l’hydrogène et de l’hélium. On le connait également en médecine, utilisé avec certains antidépresseurs tel la fluoxétine pour traiter les troubles obsessionnels compulsifs. Le lithium n’est par rare en soi, il est même très abondant et largement distribué dans la nature (c’est le 33e élément le plus abondant sur Terre). Cependant, on ne le trouve pas sous sa forme métallique à cause de sa grande réactivité, et il n’existe, en concentration permettant une exploitation économique rentable qu’en très peu d’endroits sur Terre. De très importantes réserves en Afghanistan ont été récemment (juin 2010) évoquées dans la presse : ah ces américains, ils sont décidément toujours là où il y a de l’argent à gagner. La demande ayant explosé, notamment pour la production de batteries en lithium-ion pour le marché de l’informatique et de la téléphonie, le prix du lithium est passé d’environ 310 €/tonne à 2 000 €/tonne entre 2003 et 2008. Cela va devenir plus juteux que le pétrole !

Intelligence animale : « Et si la vraie humanité passait par la reconnaissance,le respect et la protection des autres maillons du vivant? ». L’homme s’est longtemps cru supérieur à l’animal tout simplement parce qu’il a une conscience de soi en tant qu’individu. Jusqu’à ce que Gordon Gallup, psychologue, ne s’interroge dans les années 70 devant son miroir sur sa propre aptitude à comprendre que le reflet n’était autre que lui·même.  C’est le test du miroir. Le chimpanzé fut la première espèce à le tester. l’expérience consistait à habituer l’animal à la présence du miroir et du reflet. Étonnés au début, les chimpanzés en ont cherché un autre derrière la glace, puis très vite, ont compris qu’il s’agissait d’eux et l’ont utilisé pour examiner des parties de leur corps auxquelles ils n’avaient pas facilement accès, comme l’intérieur des cuisses. Les scientifiques ont compliqué l’exercice. Ils ont endormi des singes pour leur placer une marque colorée non odorante sur le corps,qui ne pouvait être vue que grâce au miroir. Au réveil, en s’y regardant, les chimpanzés ont immédiatement touché l’emplacement de la tâche et reniflé leurs doigts pour déterminer ce qui avait élu domicile sur leur tête.  Déduction ? Ils ont une conscience d’eux-même et ce ne sont pas les seuls animaux à réussir ce test, même des animaux qui n’ont pas été en contact avec l’homme.

Tour Eiffel : Haute de 300 m et construite dans le cadre de l’exposition universelle de 1889, elle aurait du être détruite au bout de 20 ans d’exploitation. Elle est restée le monument le plus haut du monde pendant 40 ans.  Elle a aujourd’hui plus de 120 ans et c’est toujours le monument payant le plus visité du monde. 5300 schémas dessinés, 18038 pièces d’acier fabriquées puis assemblées à l’aide de 2,5 millions de rivets, deux ans, deux mois et 5 Jours de travaux, et le pari est gagné. La tour de 300 mètres de haut est inaugurée le 31 mars 1889. A l’origine : Gustave Eiffel – 300 réalisations d’ouvrages (hangars, galeries, ponts, viaducs, charpentes, églises, gares, .etc.) dans le monde. La statue de la liberté, c’est lui aussi.

Les astéroïdes (en couv) : L’astéroïde est un corps n’excédant pas 1000 km de diamètre.  Un impact est-il possible ? Jusqu’à 50 mètres de diamètre,il y a beaucoup de chances qu’ils soient détruits par leur passage dans l’atmosphère terrestre,surtout pour les comètes, moins solides. Produisant un dégagement d’énergie jusqu’à l’équivalent d’une bombe de 5 mégatonnes ils explosent dans la haute atmosphère. Au-delà de celte taille, ils peuvent atteindre la Terre. En astronomie,l’échelle de Turin est une méthode servant à catégoriser les risques d’impacts d’objets géocroiseurs, tels les astéroïdes ou les comètes. Graduée de 0 — aucune chance de collision — à 10 — collision certaine entraînant une catastrophe climatique globale —, elle est destinée à donner une indication simple des estimations de la gravité d’une collision, en combinant les probabilités d’impact et le potentiel destructeur, en une seule valeur. Les scientifiques estiment qu’une météorite (astéroïde ou comète qui heurte la Terre) de seulement 500 m de diamètre serait capable de dévaster une région entière,tuant des millions de personnes. 5 km de diamètre, et c’est l’extinction (probablement moins d’ailleurs). Les astronomes pensent qu’il y a plus de 1000 objets plus grands qu’un kilomètre (jusqu’à une taille de 25 kilomètres) et peut-être un million d’objets géocroiseurs dont le diamètre dépasse 50 mètres. Les impacts avec la Terre,quoique plutôt rares à l’échelle de la vie humaine,n’en sont pas moins une possibilité.D’ailleurs, 160 cratères ont été recensés sur Terre. En janvier 2007, le record de risque sur l’échelle de Turin était détenu par (99942) Apophis, un astéroïde de 250 m de long. Le 23 décembre 2004, le Near Earth Object Program Office de la NASA annonça qu’Apophis était le premier objet à atteindre le niveau 2, niveau porté par la suite à 4. Il est maintenant établi qu’Apophis passera très près de la Terre le 13 avril 2029, mais sans possibilité de collision.

Voyages vers Mars : Plusieurs difficultés se présentent. Tout d’abord, il y a le mal de l’espace : c’est un voyage long (6-9 mois l’aller) à très faible pesanteur (juste l’accélération de l’engin), ce qui entraine une décalcification des os, une atrophie musculaire (même en faisant de l’exercice régulier), une diminution des globules rouges (à cause du volume sanguin qui diminue puisque rien ne se concentre dans la partie basse du corps), le corps travaille moins fort, etc. Ensuite, il y a le fait d’être confiné dans un espace réduit avec un nombre limité de personne – ça n’est pas anodin. Et il y a les problèmes de collisions avec de petits objets très rapides et le rayonnement cosmique. Enfin, nul n’est à l’abri d’une panne d’un des appareils et pour trouver des pièces, cela reste limité.

Autres sujets abordés : les pulsars, la disparition des langues, plantes carnivores, balises Argos, trains à lévitation magnétique, les cactus, le caméléon, les fruits, les massacres de dauphins, la tempête Xynthia, Claude Levi Strauss

Lorsque j’ai ouvert les yeux, la première chose qui m’a frappée fut la lumière qui régnait dans la pièce. Je ne distinguais aucune lampe, mais il y avait comme une source de lumière omniprésente qui produisait un halo autour des objets. Je suis resté là à contempler un cadre où défilaient tout un tas d’images reposantes, de nature et d’animaux. Je ne savais pas où j’étais, mais étrangement, je n’étais pas inquiet. D’ailleurs, je me sentais dans une forme olympique – je ne me rappelle pas avoir senti cela depuis au moins 50 ans ! Puis soudain, un souvenir me revint à l’esprit. Il me semble qu’hier j’ai ressenti une brusque douleur dans la poitrine – c’était horrible, j’ai cru que j’allais mourir en peignoir en sortant des toilettes ! Que m’est-il arrivé ? ça ne ressemble pas à un hôpital ici ! Pas de perfusion, je commençais à me redresser quand quelqu’un entra dans ce qui ressemblait à une chambre d’hôtel. C’était une jeune femme magnifique, pétillante, elle me souriait – sur le coup, je me suis dit qu’elle devait être drôlement gentille de sourire à un vieillard de 85 ans tout fripé. Elle s’adressa à moi en ces termes :

« -  Bonjour monsieur Gossellin. Je m’appelle Jeanne. Est-ce que vous savez où vous êtes ? »

Je lui racontai que ce qui m’était arrivé la veille puis elle reprit :

« - En effet, vous avez eu un infarctus. Les équipes de secours sont arrivées sur les lieux le plus rapidement et ont trouvé sur vous un bracelet. Pouvez-vous me dire à quoi il correspond ?

-          Bien sûr. Mais de nombreuses personnes en portent un, nous sommes quand même en 2060 ! Vous sortez d’où jeune fille ? Je suis vieux, mais quand même pas sénile ! »

-          Oh, vous savez, je ne me permettrai pas de juger, je suis plus vieille que je ne parais !

-          C’est un bracelet de Cryonie pardi ! Il vous permet d’indiquer aux services de secours que vous avez opté pour la cryogénisation à votre mort.

-          Oui, cela vous a même sauvé la vie…

-          Que voulez-vous dire ?

-          Tenez, je vais vous aider à vous lever. »

Elle m’aida à me lever du lit, j’étais en forme mais un peu groguis, peut-être un cocktail de drogues qu’on m’a administré, ou bien l’effet de l’infarctus. Si ça me met en forme comme cela, je veux bien en faire un tous les jours. Elle m’approcha du mur qui soudain devint transparent. Ah ces technologies modernes, on n’arrête pas le progrès, j’en équiperais bien ma maison de fenêtres telles que celles-ci. Une lumière aveuglante régnait à l’extérieur, puis mes yeux distinguèrent un paysage totalement étrange, merveilleux – mais où est-ce que j’étais tombé ? J’ai encore du mal aujourd’hui) décrire la sensation que j’ai ressenti, comme Alice entrant dans le terrier du lapin blanc. Le spectacle que je découvris me coupa le souffle – je me tournais tout de suite vers la coquine qui devait me faire une farce et me montrer les images d’un film, mais elle se contenta de me regarder en souriant, puis avant que je ne puisse la questionner, elle me dit :

« - Magnifique n’est-ce pas. Toute la cité est construite autour de la végétation. Ces immenses arbres que vous voyez là arbitrent des milliers de personnes. Ils poussent si haut qu’il est impossible de distinguer correctement le bas de la cité. »

Mon esprit se refusait à comprendre l’évidence de la situation. J’argumentais sans trop y croire :

« - Vous vous moquez de moi. Mais où sommes-nous ? J’ai été capturé par des extraterrestres ? »

Puis vint le moment de vérité où elle m’expliqua que le 4 juillet 2060, je me suis éteint à l’âge de 85 ans. Les équipes n’ont pas réussi à me réanimer. Sur le coup, j’ai pensé que j’étais mort et que le Paradis existait bel et bien. Mais elle m’expliqua très rapidement que mes souhaits post-mortem avaient été correctement et scrupuleusement suivis. On avait très rapidement refroidi mon corps afin que les équipes de Cryonie puissent intervenir dans les meilleures conditions. Mon réveil avait été planifié pour 2560 car la cryogénisation avait été réalisée dans d’excellentes conditions. Les premiers cryos ont été réveillés dès le 24ième siècle pour des raisons expérimentales. Un programme avait mis en place pour accompagner les premiers cryos. La première idée avait été de les mettre en quarantaine pour des raisons médicales, mais aussi dans un environnement reconstitué juste pour eux afin qu’ils puissent prendre le temps d’intégrer tous les changements de la société. En effet, l’humanité avait progressé  de façon si exponentielle en quelques siècles qu’on pensait que le cryonaute serait trop désorienté à son réveil. Finalement, cette étape s’est avérée inutile et il est maintenant conseillé d’informer assez rapidement le cryonaute sur sa condition et sur le monde dans lequel il vient de renaitre.

J’écoutais son explication avec un certain détachement, mes yeux restaient fixés sur ces étranges insectes volants qui semblaient se déplacer dans tous les sens sans aucune difficulté. C’était étrange, car les gens semblaient voler dans les airs, mais n’avaient pas de propulseur ou d’autre technologie du même acabit. Ma formation d’ingénieur orientait toujours mes observations et au lieu de m’émerveiller sur la beauté de ce monde, j’essayais de comprendre comment tout cela est possible. Il y avait des milliers de personnes, certaines en groupe, d’autres jouaient à des jeux étranges. Ce qui me surpris ce fut l’âge moyen des gens qui semblait être d’environ 25 ans. Il y avait quelques personnes âges, mais c’était très rare…

Tout d’un coup je réalisais vraiment que l’on m’avait réveillé après 500 longues années. Mais la pensée qui surgit dans mon esprit fut « Et ma femme ? Est-elle des nôtres ? ». Probablement en voyant la panique sur mon visage, mélangée à un fantastique espoir, La réponse ne se fit pas attendre :

« - Ne vous inquiétez pas monsieur Gossellin. Elle n’est pas présente aujourd’hui pour votre réveil et nous en sommes désolés. Mais vous la verrez prochainement.

-          Est-ce qu’elle va bien ?

-          Oui, mais elle est plus âgée que vous et il lui faut un peu plus de temps

-          Ma chérie… comment va-t-elle ? Combien de temps m’a-t-elle attendue dans la solitude du deuil ?

-          Quelques années, ne vous inquiétez pas, mais attendez-vous quand même à un changement…

-          Que voulez-vous dire ? »

Soudain, elle invoqua un miroir et le mur-vitre devint réfléchissant. Ce que j’avais en face de moi était stupéfiant. Je me rassis sur le lit immédiatement car mes jambes m’avaient lâchées… mes jambes qui hier ne me supportaient presque plus… aujourd’hui, elles pourraient me faire courir un marathon. L’image que me renvoyait le miroir était celle d’un jeune homme d’une trentaine d’années… c’était moi comme dans mes souvenirs, comme sur mes photos… je bredouillais… elle me dit :

« - Comme votre souhait était de revenir dans un corps jeune, dans votre corps, notre monde a attendu de maitriser cette technologie avant de vous réveiller. J’étais comme vous, vous savez… D’ailleurs, il faudra vous attendre à des changements stupéfiants. Il vous faudra apprendre la nouvelle langue du monde…

-          Mais vous, vous me comprenez, vous parlez ma langue !

-          Oui, je ne me suis pas présentée complètement, peut-être me connaissez-vous – je suis Jeanne Calment… »

J’étais éberlué ! Comment Jeanne calment, morte un demi-siècle avant moi pouvait être aujourd’hui devant moi… je bredouillais :

« - Mais…. Mais comment est-ce possible. Je suis désolé, c’est un honneur de vous rencontrer… vous ètes restées la doyenne des français si longtemps. Vous…. Vous étiez un modèle pour nous tous, par votre dynamisme, votre générosité…

-          Vous savez, ce monde a vraiment fait des progrès fabuleux. Je n’avais pas opté pour la cryonie – à mon époque c’était peu courant. Mais un confident m’en avait parlé quelques mois avant ma mort… enfin, avant la mort de l’autre Jeanne…

-          [ je voulais parler, mais rien de sortais]

-          Il m’avait dit ‘si un jour je pouvais te faire revenir en prenant juste un petit échantillon de toi, est-ce que tu serais d’accord ?’. Il expliqua à Jeanne le fonctionnement : il me prélevait un échantillon d’ADN et il serait conservé par cryonie. La Jeanne de l’époque avait trouvé cela un peu fou, mais amusant et avait dit ‘pourquoi pas’. Aujourd’hui, il est possible de de cloner un être humain de façon parfaite à partir d’un tout petit échantillon d’ADN.

-          Mais comment pouvez-vous connaitre aussi bien mon siècle ?

-          Petite, on m’a expliqué toute l’histoire. J’avais déjà entendu parler de cela, mais je ne savais pas que c’était mon cas. J’avais envie d’en savoir plus sur qui était Jeanne, sa vie… j’ai étudié scrupuleusement, comme quelqu’un qui a perdu la mémoire, et bien qu’aujourd’hui je sois quelqu’un de différent de la jeanne de l’époque, elle m’a servi de modèle par son courage et son espièglerie. Je suis heureuse qu’elle ait fait ce choix.

-          Ca explique pourquoi tout le monde est jeune… mais ces personne âgées qui sont là bas ?

-          Quand nous avons découvert comment arrêter le processus du vieillissement, cela a produit… comment dire… d’assez gros bouleversements dans le monde. Les gens venaient toujours plus nombreux pour savoir quand la technologie serait disponible au plus grand nombre, même si la Cryonie était déjà un service de l’état.

-          Vous voulez dire que tout le monde se cryonise actuellement ?

-          Non, mais une majorité la fait par le passé, avant que la technologie du rajeunissement ne soit disponible pour tous … et bien entendu que la Terre soit capable d’accepter un nombre toujours croissant de personnes.

-          Oui… nous avons souvent discuté de cela avec le groupe d’amis qui a opté pour la cryonie à la même époque… on se disait qu’il y aurait des solutions avec la colonisation de l’espace.

-          [Elle me fit un grand sourire] Oui, vous étiez déjà un grand rêveur, on m’a parlé de vous… Cela n’a pas été simple tout de suite : il y avait la religion d’un côté, il y avait d’ailleurs de sérieux opposants… Longtemps cela a été perçu comme un sacrilège, pire que l’avortement… Des centres de Cryonie ont été assiégés… beaucoup de vies ont été perdues… heureusement que les ADN avaient été préservés ailleurs. Bref, l’humanité a mis 2 siècles avant de pouvoir coloniser une planète aussi accueillante que la Terre, ce fut Terra 2 à 7.9 années lumières. Nous avons tout d’abord du maitriser la technologie des trous de verre… Maintenant, nous pouvons plier l’espace à loisir ! Vous croyez d’ailleurs être sur Terre ? Non, vous êtes sur Terra8, vous en apprendrez un peu plus sur cette planète lors de votre séminaire de formation. Mais c’est une planète minuscule, la gravité est si faible que c’est un champ de force qui maintient l’atmosphère. C’est pour cela que tout le monde vole dehors alors qu’ici la gravité est artificielle. Remarquez, sur Terre aussi on vole grâce à de petits anneaux qui génèrent un champ d’antigravité. Mais je m’écarte du sujet. Vous pourrez choisir avec votre compagne et vos amis la planète de votre choix, les frontières n’existent plus. Vous aurez un peu de mal à vous y habituer, mais la propriété n’existe plus non plus. On partage tout – vous trouverez de quoi vous loger dans n’importe quelle mégapole, tout est gratuit – enfin presque. L’argent n’a pas totalement disparu, mais ça ne ressemble en rien à ce que vous connaissez. Disons que tout ce dont vous avez besoin est gratuit, mais pour certains chose plus particulières, vous pouvez gagner des crédits en participant aux grands plans de développement de l’humanité ou tout simplement en vous mettant au service des autres. Vous comprendrez mieux au fur et à mesure…

-          L’argent n’existe plus – ça c’est un réel progrès… Et l’humanité colonise l’univers… donc pas de problème de place !

-          Non, effectivement – d’ailleurs à nos échelles l’univers est très peu peuplé. Nous sommes pas seuls, mais nous en reparlerons plus tard. Il y a eu une époque où l’on parlait de surpopulation… c’est un concept incompréhensible pour les gens actuellement. Nos ressources, nos capacités de production, notre énergie illimitée, tout cela fait que chaque nouvelle naissance est une bénédiction ! Les gens ont des enfants, mais cela devient assez rares. Les bébés naissent in vitro majoritairement. Le concept de couple a d’ailleurs un peu changé vous verrez… nous sommes une grande famille. Nous sommes un peu les parents de chaque enfants, mais chaque enfant a quand même un noyau familial qui s’occupe de lui, qui l’aime de façon inconditionnelle. Ce serait trop difficile à vous expliquer. Le concept de  liberté a été étendue les 2 derniers siècles. Il n’y a pas un gouvernement mondial comme a tenté de mettre en place un réseau d’influence du 21ième siècle… Tout cela a éclaté en une myriade de régions, de sous état… chaque état ayant ses propres règles, mais l’ensemble forme tout de même un groupe homogène. Comment vous expliquer cela ? Vous connaissiez l’ancêtre de DeusNet… vous l’appeliez Internet. Il y a eu un concept novateur qui a été nommé le Peer to peer… la décentralisation des serveurs d’hébergement.

-          Jeanne vous êtes devenue une véritable informaticienne…

-          Ce n’est pas faux, même si mes collègues parleraient ici d’archéologie… veuillez m’excuser. Vous savez, j’ai 353 années terrestres – avec toutes ces planètes le calcul est complexe, mais nous avons gardé l’ancien système basé sur le Terre. J’ai donc eu 353 ans pour me consacrer à ma passion, l’archéologie, connaitre l’époque de la précédente Jeanne… donc c’est un peu normal ! [Quelle femme belle et brillante pensais-je] Le Peer to Peer était à Internet ce que notre système de gestion politique est à la politique de votre époque. Personne ne détient un pouvoir important, et en même temps chacun est libre et responsable de lui-même. Si les lois d’un état ne vous conviennent pas, vous pouvez aller dans un autre – c’est aussi simple. C’est devenu possible grâce à nos ressources quasi illimitées, les voyages instantanés et tous ces espaces à conquérir. Chacun aujourd’hui fait uniquement ce qui lui plait et ce dont il a besoin pour s’épanouir. Le travail existe toujours, mais c’est un choix qui n’est pas imposé par un besoin économique. Aucune personne ne dispose de grandes ressources de nos jours. Pour faire des choses extraordinaires, il faut lancer des projets extraordinaires, réunir un certain nombre de personnes, et le système vous permet de lancer l’opération. La seule chose qu’on ne puisse plus faire, c’est vouloir lancer de façon impérieuse un projet de façon unilatéral, sans le consentement d’un groupe. En cela, les libertés ont un peu changé, mais il faut avouer que seule une minorité pouvait jadis profiter des bonnes choses que l’humanité proposait et c’était très souvent une question de chance ou de naissance. En cela, nous avons balayé l’injustice sociale. On ne possède plus… on n’hérite plus. Tous les êtres sont égaux…

-          Et les animaux, j’en vois plein …

-          Les animaux ont acquis les mêmes droits que les êtres humains. Nous les connaissons maintenant beaucoup mieux. Au contact des hommes, les animaux sont devenus capables de …. Dialoguer, même si le terme n’est pas exact. Disons que nous respectons d’avantage leurs choix et qu’ils suivent leur propre évolution, à nos côtés.  La plupart des êtres humains sont amis avec de très nombreux animaux. C’est peut-être difficile à comprendre pour vous…

-          Non pas du tout jeanne. Pas du tout [une larme vint à couler sur ma joue]. Et ma chienne ?

-          Zap va très bien, ne vous inquiétez pas. Nous l’avons préparé au réveil… elle a été réparée

-          Comment cela réparée ?

-          La technique de vitrification de l’époque était relativement au point, mais nous utilisons actuellement des nanobots qui font quelques réparations avant de modifier votre ADN pour vous libérer du vieillissement. Fini les vieilles thérapies géniques d’avant-guerre ! Oui, c’est vrai, vous n’avez pas connu la mise en stase telle qu’elle se pratique depuis maintenant près de 4 siècles ! Nous utilisons aujourd’hui un champ de stase temporel. Cela a été permis par la technique du pliage de l’espace. C’est encore utile lorsqu’on doit figer un patient atteint d’un mal inconnu comme on en découvre chaque jour sur de nouvelles planètes. Avant cela, nous avons utilisé un champ stasique qui, d’une certain façon, figeait tous les atomes d’un corps !  Le corps semblait gelé au 0 absolu mais on pouvait le dégeler en une seconde. C’est assez proche du fonctionnement des micro-ondes.

-          Je vais bientôt revoir Zap alors

-          Oui, rassurez vous. Donnez-vous un peu de temps avec votre compagne pour apprendre à vivre parmi nous et ensuite, nous vous rendrons votre chienne.

-          C’est merveilleux… je n’aurais jamais imaginé un tel bonheur… merci Jeanne, merci d’être là, merci d’être aussi patiente avec moi…

-          C’est aussi un honneur pour moi vous savez…

-          AH… et pourquoi, je n’ai jamais été quelqu’un d’exceptionnel – j’étais curieux de tout, j’ai touché à tout, mais je ne pense pas avoir marqué l’histoire par mes nouvelles ou mes inventions.

-          Ne vous sous-estimez pas – ce que vous avez réalisé est honorable. Mais vous faites partie également des tous premiers cryonautes… les premiers visionnaires qui ont été capables de s’affranchir des idées reçues, qui ont été capables d’imaginer le monde d’aujourd’hui. Avec vos espoirs, vos visions, vous avez aidé le monde à devenir meilleur, à croire en sa destinée, en une époque de troubles où nombreux avaient baissé les bras. Je me rappelle de votre essai sur la destinée de l’humanité. Vous aviez écrit qu’ « à défaut de Dieux pour nous guider comme par le passé, l’humanité dans son adolescence devait se lever, pointer son doigt vers les cieux et prendre en main sa destinée. Si rien est écrit pour l’homme, alors c’est à lui de définir ce qu’il veut être demain ».

-          Ah oui, c’est vrai, j’ai écrit cela… à mon époque c’est passé inaperçu mademoiselle. Euh pardon… vous êtes mon ainé, j’ai tellement eu l’habitude qu’on me traite comme une vieille personne, n’y voyez aucune condescendance de ma part [Elle esquissa un sourire – elle était belle, mais encore plus de l’intérieur]. Vous avez parlé de Guerre ?

-          On vous apprendra tout cela dans le détail, il ne faut pas le voir de façon négative. En 2098 a éclaté une guerre mondiale…

-          Mais comment est-ce possible ? Hier… enfin, je veux dire à ma … mort, enfin, ma mise en sommeil… le monde s’était doté d’un gouvernement mondial, totalitaire, implacable. Je n’arrive d’ailleurs pas à comprendre comment tout cela est devenu possible. C’était un monde très différent du 20ième siècle, il y avait des yeux partout, la liberté était très restreinte…

-          Vous-même faisiez partie d’un réseau de résistance passive à votre époque. Des penseurs ont inspiré les populations qui se sont rebellées face au système en place. Le plus difficile fut que l’ennemi n’existait pas. L’ennemi, c’était le système qui était mauvais mais comme nous faisions tous partie du système – vers qui se retourner. On ne pouvait pas faire en sorte que toutes les mentalités, abruties par des décennies de contrôle, puissent un jour, toutes en même temps, se réveiller et dire « Stop »…

-          Que s’est-il passé alors ?

-          Le système était mauvais… il ne correspondait pas à la nature profonde de l’homme. Il est tombé tout seul… cela fut très difficile car les richesses disparaissent, elles étaient virtuelles en réalité… ce fut terrible – il y a eu des famines, des épidémies… des guerres civiles, des luttes de classe…. Puis progressivement, l’humanité s’est relevée et a bâti un monde meilleur sur de nouvelles bases. L’argent n’était plus une finalité, mais un moyen en attendant de passer à une autre étape. L’économie est de nouveau redevenue florissante, les richesses redistribuées de façon équitable… il a fallu du temps et beaucoup de sacrifices pour en arriver là.

-          J’aurais aimé y participer…

-          Mais vous y avez participé, à votre façon. D’ailleurs, un couple vous attend dans la salle d’à coté – ce sont des amis à vous. Il s’agit de Stephan et de Magali. Le premier a un drôle d’accent, c’est rigolo et en plus il connaissait la première Jeanne. Ils sont impatients de vous voir »

Un nouveau monde, très différent du mien m’attendais. Pour l’instant tout me semblait merveilleux, mais contestataire dans l’âme, je trouverai encore d’autres combats à mener. Le problème avec la liberté, c’est que c’est un concept illusoire, c’est une lutte de pouvoir – enfin, c’est ce que je pensais car cette société allait probablement me réserver de nombreuses surprises. Pour l’heure, j’avais envie de prendre une petite bière en compagnie de mes amis, de refaire le monde… mais la bière existe-t-elle encore ? Et puis j’étais pressé de voir ma compagne. Pour moi, je ne l’avais quitté que la veille. Mais pour elle, plusieurs années étaient passées. Avait-elle changé ? Et nos corps tout-neufs, tout-jeunes ! L’amour me revenait comme un feu. Mais le fait de retrouver ma chienne… ma merveilleuse chienne disparue pour moi depuis plus de 40 ans… quel bonheur… quel bonheur…. Quelle chance d’avoir cru en la cryonie !

Texte par Grégory Gossellin De Bénicourt, le 4 octobre 2010

flore intestinale :  Les 10^14 bactéries non pathogènes qui peuplent l’intestin dépendent de ce que nous consommons. L’alimentation riche en gras, en sucres et en protéines des enfants des pays industrialisés modifie donc leur flore intestinale tout en favorisant peut-être des allergies alimentaires.

Trading : Fini le bon vieux trading où un cocaïnomane surcaféiné lève la main 3 fois par seconde pour acheter et vendre des actions ! Maintenant, il faut faire avec des algorithmes intelligents et rapides, capables d’assimiler une information et de passer un ordre en quelques millisecondes. En raison de stratégies heuristiques de trading issues des dernières découvertes en intelligence artificielle, théorie des jeux, et fonctionnement brownien des marchés boursiers,  les opérateurs ont deux millisecondes pour réagir ! Autant dire que c’est la machine qui fait le jeu ! Le « trading haute fréquence » représente à l’heure actuelle environ 1/3 de l’activité des Bourses européennes et cette proportion va croissant. La Commission européenne, qui, sans autre argument qu’une foi profonde dans les vertus du marché, foi qui n’est en rien soutenue par la science économique, se lance dans une expérience grandeur nature,dont le résultat va affecter les économies et les investissements de millions de personnes. Vive l’Europe et ses apprentis sorciers !

Sommeil, sommes-nous égaux: Dans une expérience, des personnes étaient maintenues éveillée s pendant 40 heures. l’activité électrique du cerveau était alors plus rapide chez les courts dormeurs que chez les longs dormeurs, indiquant que les premiers étaient plus « éveillés » que les seconds. Les courts dormeurs pourraient tolérer,pendant l’éveil, une pression de sommeil plus forte que les longs dormeurs. Attention, il ne faut pas comprendre par là qu’il faut dormir moins pour réfléchir plus vite ! Il faut savoir écouter son corps et respecter sa propre horloge biologique car ce sont là les secrets d’un sommeil efficace et réparateur. Et peut-être éviter toutes les substances qui perturbent le sommeil comme la caféine par exemple.

Fructose : c’est un sucre plus naturel, mais la « dose fait le poison ». Des boissons  comme l’Ourox en contiennent environ 200 g/l ! A ce niveau, cela  entrainerait des dysfonctions métaboliques et une résistance à l’insuline.

Du relief pour les fractales (en couverture) : Sur ce site, nous avons déjà parlé de la fractale de Mandelbrot. C’est une image en 2 dimensions qu’on peut explorer. Voici maintenant la Mandelbulb, ou « bulbe de Mandelbrot » qui est une structure spatiale, c’est à dire dotée d’un certain relief (voir vidéo ci-dessous). N’est-ce pas fascinant et extraordinaire ? Les structures semblent à la fois organiques et minérales. C’est une fractale bidimensionnelle.

L’ensemble de Mandelbrot est une remarquable fractale plane construite par itération de la fonction f(z) = z*z + c, où z et c représentent des nombres complexes, assimilés à des points du plan.En cherchant à « spatialiser » la Mandelbrot, on a découvert la Mandelbox (vidéo ci-dessous). Comme pour l’ensemble de Mandelbrot classique, une Mandelbox est obtenue par itération de certaines transformations géométriques, les points retenus étant ceux qui ne s’échappent pas à l’infini.

B. Mandelbrot lui-même fit remarquer l’existence de fractales tridimensionnelles partout dans la nature, qu’il s’agisse du chou romanesco ou des côtes de la Bretagne. Pour réaliser une image de Mandelbrot en 2D, on va calculer si chaque point de cette image appartient à l’ensemble de Mandelbrot. Si c’est le cas, on colore le pixel correspondant en noir (par exemple); sinon, on le colore dans une couleur qui donne une information plus précise sur les propriétés de ce point (son comportement durant le calcul). Passer en 3D demande un temps de calcul bien plus important ! Cependant, si les nombres complexes sont facilement transposables dans un plan, c’est plus difficile dans l’espace. Pour cela, nous allons utiliser des transformations écrites en coordonnées sphériques. Pour le reste, c’est un article assez complexe que je ne peux résumer ici en quelques mots, mais on peut retenir que pour trouver un équivalent en trois dimensions de l’ensemble de Mandelbrot, on peut chercher à définir une multiplication appropriée entre deux points de l’espace. Et multiplier des nombres complexes revient peut se représenter spatialement comme une « élévation » en partant d’un centre – d’où l’utilisation de coordonnées sphériques. N’ayant jamais programmé de Mandelbulb, je serai incapable de vous expliquer plus simplement les choses, ne les ayant moi-même probablement pas comprises totalement. C’est un article très intéressant pour les férus de mathématiques ou les informaticiens.

L’univers perd t-il de l’énergie : « Rien ne se perd, tout se transforme ». Si on considère l’univers comme un système fermé, l’énergie devrait être stable. Or, la lumière issue des galaxie semble s’atténuer en raison de l’expansion de l’univers. Comme résultat de l’effet Doppler, ce qui tend à s’éloigner nous arrive avec une longueur d’onde étirée, tirant vers le rouge. Où va son énergie ? L’article conclut que l’effet Doppler peut donner l’impression qu’il y a perte d’énergie, mais cela est simplement du au référentiel de la mesure – les galaxies s’éloignent de nous (univers en expansion) et nous mesurons depuis la Terre.  A cela s’ajoute la difficulté de mesurer dans l’espace-temps afin d’obtenir les vitesses relatives. Il n’y a donc pas de paradoxe, car il n’y a pas de perte d’énergie. Cependant, l’article conclut également : Le principe de conservation trouve là sa limite: quand le temps et l’espace eux-mêmes ne sont pas immuables, la symétrie par translation dans le temps est perdue, et la conservation de l’énergie avec elle ! Cela signifie juste qu’il semble impossible de mesurer la quantité totale d’énergie de l’univers. Mais j’avoue ne pas avoir compris pourquoi la loi de conservation de l’énergie ne s’appliquait pas à l’univers… si quelqu’un peut m’expliquer.

Neuroblastome : c’est la tumeur solide la plus fréquente de l’enfant de moins de six ans. La tumeur est d’origine embryonnaire. Les analyses du génome tumoral et de son expression révèlent des voies de signalisation :  Trois récepteurs de neurotrophines, TrkA, TrkB et TrkC, et leurs ligands respectifs, le facteur de croissance nerveuse (NGF) , le BDNF (Brain Derived Neurotrophic Factor) et la neurotrophine 3 (NT3) participent à la différenciation et à la survie des neuroblastes. Les cellules cancéreuses présentent à leur surface le « récepteur à dépendance» TrkC. Quand la NT3  s’y fixe, cela favorise la prolifération des cellules cancéreuses. La présence de MYCN – un gène favorisant le développement des tumeurs -en plusieurs exemplaires prédit un pronostic vital mauvais. Les formes favorables de cancer sont traitées par chirurgie, puis par une chimiothérapie modérée. Mais dans les autres cas, c’est beaucoup plus lourd et les chances de survie ne dépassent pas 35%. Rappelons qu’en l’absence de son ligand, un récepteur à dépendance déclenche la mort de la cellule qui le porte par l’intermédiaire des caspases. On a découvert un nouvel anticorps aTrkC qui se fixe sur le récepteur TrkC, et empêche la fixation du NT3, entraînant ainsi la mort des cellules cancéreuses. L ‘aTrkC n’est pas optimal chez l’homme, un autre agent interférent basé sur des peptides synthétiques a donc été développé. In vitro, cela fonctionne bien et nous pouvons espérer dans quelques années voir se traitement proposé aux futurs patients.

Les singes et la parole : Le langage est-il le propre de l’homme ?  Les psychologues américains Keith et Cathy Hayes n’ont jamais réussi à faire maîtriser parler  leur chimpanzé Vicki, mais cela est plus un problème d’anatomie que cognitif. En effet, les grands singes comprennent assez bien la symbolique du langage humain, ainsi que le langage des signes.

Des éthologistes remettent en cause l’idée que la parole est le propre de l’homme. En effet, la mone de Campbell, petit singe africain, émet plusieurs messages en combinant six cris. Ces cris sont modulés dans le temps en fonction des ‘interactions sociales des individus. Il y a même des cris qui sont « conçus » pour décrire des évènements nouveaux, et qui sont compris. L’homme est probablement l’espèce maitrisant le mieux le langage, mais il faut peut-être se faire à l’idée qu’elle n’est pas la seule.

Voir les couleurs interdites : la vision humaine utilise l’opposition rouge-vert et jaune-bleu. Autant il est possible de percevoir des nuances de couleurs d’un rouge-jaune (orangées) ou d’un bleu-vert (turquoise), notre vue semble incapable de percevoir des nuances rouge-vert et jaune-bleu. Longtemps, on s’est demandé si tout cela avait un rapport avec nos capteurs, mais une expérience permet de voir ces nuances. Pour cela, on court-circuite le mécanisme d’opposition – il s’agit donc plus d’un traitement spécifique de l’information que d’une incapacité physique. Suite à cette expérience, deux sujets racontèrent qu ‘ils étaient désormais capables d’imaginer du vert rougeâtre et du jaune bleuâtre, mais cette faculté ne persista pas. Cela me rappelle ces expériences réalisées sous mescaline ou les sujets voyaient justement plus de couleurs, plus de nuances dans une même couleur. Notre cerveau sait donc traiter certaines informations, mais une sorte de filtre « censure » ce qui arrive à la conscience.

Le manioc : Le régime alimentaire de plus de 800 millions de personnes repose sur des racines riches en amidon d’une plante tropicale, le manioc (le tapioca est de la fécule de manioc). Toutefois, la valeur nutritionnelle
de cette racine reste faible : Des variétés de manioc améliorées permettraient de diminuer la malnutrition dans beaucoup de pays en développement. Les racines de manioc, qui ressemblent à des patates douces allongées, sont consommées telles quelles, crues ou bouillies, ou préparées sous forme de pâte, de semoule ou de farine. Le manioc nécessite peu de travail et peu d’investissements. Il supporte bien la sécheresse et les sols acides ou peu fertiles. Il se remet rapidement des dégâts causés par les insectes ou les maladies, et il correspond à un bon rendement soleil / hydrates de carbone. Mais il ne se conserve pas longtemps. Les racines de manioc contiennent 1,5 % de protéines, contre plus de 7 dans le blé. Un nouveau virus s’attaque aux racines et pourrait provoquer une crise alimentaire grave. En effet, la culture du manioc se fait généralement par le bouturage, et on sait que plus le clone est vieux et plus le nombre de pathogènes accumulés est important. Il faut passer à un autre mode : la reproduction sexuée à partir de graines. De nombreux virus n’arrivent pas à franchir la barrière placentaire qui sépare la graine de la plante mère. Une leçon pour les occidentaux : Les pratiques paysannes traditionnelles représentent une ressource considérable pour la créationd’une agriculture plus durable, ressource souvent négligée par l’agronomie « scientifique ».

Suicide quantique et immortalité: L’auteur part d’une réflexion délirante à partir de l’expérience du chat de Schrödinger, en la modifiant. Vous souhaitez devenir riche ? Rien de plus simple :  Vous rentrez dans la boite du chat, vous adaptez une dispositif quantique pour choisir votre grille du loto et jouez par internet votre grille. Et on tue systématiquement le perdant de la grille. Eh bien il y a bien un univers parallèle où vous serez gagnant ! Vous êtes donc certain de gagner.  Ca parait fou, mais mathématiquement, cela se tient. En effet, dans la boite, tous les états sont superposés. Si on n’en garder qu’un en supprimant tous les autres, on obtiendra le résultat escompté dans un des univers. Oui, mais nous sommes qui ? Sommes nous l’ensemble de nos doubles quantiques ou sommes-nous l’un d’entre-eux. J’aurais tendance à tourner mon regard sur mon passé et me dire que je n’ai pas eu une superposition de plusieurs existences. Donc je ne suis pas la somme de mes doubles. Alors pourquoi je sortirais vivant de la boite ? Soit quelque chose de fondamental m’a échappé dans cette théorie, soit elle est absurde (pas les mondes parallèles, celle du suicide quantique). En plus, l’article a été écrit par mon ancien maitre de stage du LIFL…

Si nous veines sont bleues, notre sang est bien rouge et l’explication tient dans la façon dont la peau absorbe la lumière, renvoyant moins de « photons rouges » là où il y a des veines. Comme notre cerveau fait la correction par rapport au reste de la peau, ça nous apparait bleu. Mais c’est un illusion !

Comprendre quelle est notre place dans le vivant, comment nous en procédons et comment nous en émergeons : tel est l’enjeu de ce livre qui retrace la généalogie du monde humain où, contrairement à une certaine idéologie libérale, la notion même d’individu n’a pas de sens, car chacun est d’emblée saisi par un réseau de relations. Boris Cyrulnik anime un groupe de recherche en éthologie clinique à l’hôpital de Toulon-La Seyne et dirige un enseignement d’éthologie humaine à la faculté de médecine de Marseille et à la faculté des lettres et sciences humaines de Toulon. Il est l’auteur des Nourritures affectives, d’Un merveilleux malheur et des Vilains Petits Canards. Voici quelques notes thématiques sur ce livre (en italique, ce qui n’est pas extrait du livre tel quel)

Sur l’ensorcellement en général :

  • L’homme, du fait de son aptitude biologique à l’empathie et à la parole, appartient certainement à l’espèce la plus influençable, non seulement parce qu’il perçoit la sensorialité du contexte qui peut le captiver, mais aussi, parce que sous l’effet des mots des autres, il peut se mettre à leur place et éprouver un sentiment provoqué par leurs récits [P101]
  • Les expériences de privation sensorielle révèlent à quel point tout être vivant isolé cherche désespérément à se stimuler [P109] – C‘est un phénomène de dépendance analogue aux drogues. En remplissant leur monde, la sensation d’être possédé engendre un sentiment d’existence [P110].
  • Ce qui nous trompe le mieux révèle ce qu’on désire le plus. Mais dans notre vie, le plaisir le plus pur est le vain plaisir des illusions [...] les illusions sont donc nécessaires et font partie intégrante de l’ordre des choses [179]

Sur notre comportement grégaire :

  • Le monde vivant connait la maxime : « pour vivre heureux, vivons cachés ». Toute forme qui émerge du magma terrestre attire la foudre. Tout individu qui sort de la masse vivante attire les prédateurs [Or, ] Tout créateur sort de la norme [donc] toute innovation est anormale [P112-113]
  • La non-intégration des individus désorganise le fonctionnement du groupe. Mais une trop bonne intégration charpente un groupe stéréotypé. Peut-être une intégration imparfaite serait-elle parfaite ? En donnant place aux individus mal adaptés, insoumis, donc apte à provoquer des changements, elle constitue une réserve de potentiels évolutifs [P113].

Sur les enfants et les adolescents:

  • Les adolescents n’ont qu’un désir en tête, l’amour de l’amour qui leur donne l’illusion de posséder, autant que d’être possédés, dans un ravissement qui enchante leur vie. A moins que cet ensorcellement ne constitue justement la condition humaine, que le sort qui nous a été jeté nous contraigne à être-avec et que, sans possession et sans ravissement, nous ne soyons plus rien [P9]
  • L’enfant exprime des signaux d’alternance, mais c’est la mère qui garde l’antériorité de l’interprétation. On retrouve ainsi l’idée que la mère injecte son histoire dans le traitement des signaux sensoriels, posturaux, sonores ou visuels du petit. Ce qui veut dire que l’empathie de la mère structure le champ sensoriel qui impressionne l’enfant et le façonne en partie [P39]
  • Les mères trop dévouées le sont presque toujours à cause de leur propre histoire : ‘je veux être une mère parfaite, tant j’ai peur de répéter ma mère qui m’a fait tant souffrir’, ou ‘je me sens coupable d’avoir envie de réussir socialement alors que je suis responsable d’un bébé’, ou encore ‘seule la maternité peut me revaloriser tant j’ai honte d’avoir échoué socialement’. Le sens que la femme attribue à sa maternité la pousse à réaliser autour de son enfant un champ sensoriel trop fourni, qui, en supprimant l’angoisse du vide et la souffrance du manque, engourdit le démarrage de la vie psychique [P42-43]
  • [...] L’aptitude des enfants à créer un monde mental et à y entrer tous ensemble pour le partager [P45]
  • Quand un enfant pré-verbal tend un morceau de chocolat sucé ou de gâteau mâchouillé, il exprime par ce comportement son intention de partager son émotion, comme s’il disait ‘j’éprouve du plaisir à sucer ce chocolat, et, en te le donnant, je vais provoquer en toi un plaisir analogue.’ [P46]
  • L’enfant sacré est invention récente de l’occident qui gagne lentement d’autres continents […] Quand Néron a tué sa mère, mille nouveaux nés furent exposés le lendemain en signe de protestation politique, pour affirmer qu’il était plus moral d’adopter un esclave affranchi qui lui, au moins, avait fourni les preuves de son affection, plutôt qu’élever un enfant biologique qui un jour, comme Néron, pourrait tuer sa mère. La notion d’infanticide […] ne pouvait pas être pensée : on ne tue pas un excrément sexuel […] Si le XIXème siècle industriel a connu tant de procès pour infanticide, ce n’est pas parce qu’on tuait plus d’enfants, mais parce que notre culture commençait à criminaliser cet acte […] Napoléon a envoyé au massacre des régiments entiers de ‘Marie-Louise’ âgés de douze à quatorze ans. Les Nazis, quand ils battaient en retraite, interposaient des enfants pour freiner la progression des alliés […] Le palmarès du carnage des enfants dans le monde, aujourd’hui, revient encore à la défense des valeurs traditionnelles. C’est pour défendre une nation, une religion, un chef, ou une conception de l’économie, que, ces dix dernières années, deux millions d’enfants de moins de dix ans ont été tués, cinq millions sont infirmes, un million cessent de vivre à l’intérieur de murs appelés ‘orphelinats’, six à dix millions d’enfants soldats participent aux combats récents dans vingt cinq pays, et douze millions de réfugiés sans famille, sans pays, sans école et sans métier, se préparent une vie sans racine et sans espoir. Sans compter les moins de quinze ans qui travaillent à mort pour une industrie traditionnelle ou pour le tourisme sexuel, plus difficile à chiffrer [P59-61]
  • Il faut quinze à vingt mois pour que le développement de son cerveau [un enfant] lui permette de rencontrer un alentour structuré par le langage [P79]
  • L’enfant est couché à plat ventre sur les genoux de la congaï familière qui dispose sa main en creux pour ne pas faire mal à l’enfant. Elle tape au niveau des fossettes sus-fessières, assez fort pour que l’enfant ne puisse s’intéresser à rien d’autre, avec un rythme parfait, pour que le petit, captivé par ce métronome, attende le coup suivant. En moins d’une minute, il s’endort. Mais l’acculturation des gestes est si précoce que, lorsqu’une mère Européenne veut utiliser ce procédé, l’enfant se retourne, indigné et proteste parce que, pour lui, les coups d’une mère occidentale signifient une fessée, alors que de la part d’une congaï, ils annoncent un rituel d’endormissement [P94]
  • [Suite à un jeu] Il [L’enfant] pré-pense : ‘le visage que je perçois correspond à l’image que je prévoyais. Le réel confirme ce que j’espérais. Le plaisir vient de la satisfaction de ma représentation’ [P96]
  • Hypothèse [...] : Nous sommes tous nés d’une autre et c’est dans son monde que nous avons du apprendre à vivre. Notre mémoire est gravée par une empreinte fondamentale : quelqu’un d’autre sait mieux que nous ! Ce qui conduit à l’idée :  plus nous sommes doués pour l’altérité, plus nous désirons la soumission [P104]
  • Il n’y a pas longtemps, en France, de nombreux médecins affirmaient qu’il fallait laisser pleurer les bébés pour ne pas les rendre capricieux. Cette prescription comportementale s’enracinait dans un préjugé et non pas dans une réflexion clinique ou expérimentale [...] on sait aujourd’hui qu’une absence de rescousse crée un manque sensoriel qui provoque une agitation anxieuse. Mais on comprend aussi qu’une rescousse trop systématiquement rapide empêche le nourrisson d’inventer l’objet transitionnel, le nounours ou le chiffon symbolique (le doudou)qui lui permet de devenir acteur de son développement [P122]
  • C’est probablement la synchronisation des sexes parentaux qui crée le champ sensoriel qui façonne l’enfant : une mère sous le regard de son mari vocalise moins en direction de son bébé. Et un père sous le regard de sa femme chahute moins son nourrisson [P167]

Sur les hommes et les animaux :

  • Il semble que cette classification [la classification animale] a pour enjeu psychologique de réparer la honte de nos origines, comme s’il fallait à tous prix que nous appartenions à l’espèce élue et que nous n’ayons rien à partager avec ces êtres à poils, à pattes et sans langage [...] Nous devons certainement renoncer à la métaphore de la coupure, du fossé entre l’homme et l’animal qui nous oblige à choisir entre celui qui parle et celui qui ne parle pas, celui qui a une âme et celui qui n’en possède pas, celui qu’on peut baptiser et celui qu’on peut cuisiner. A cette métaphore tragique, qui a permis l’esclavage et l’extermination de peuples entiers, a succédé l’avatar de la hiérarchie, où l’homme au sommet de l’échelle du vivant se permet de détruire, de manger ou d’exclure de la planète les autres terriens, animaux et humains, dont la présence l’indispose [P19-20]
  • Son cerveau [L’homme], en devenant moins olfactif et plus visuel, a pu traiter des informations de plus en plus éloignées [P64]
  • Alors on apprend que les lamproies, qui ressemblent à des anguilles, sont déjà capables d’associer des cellules néocorticales avec des cellules archaïques et parviennent à traiter des informations absentes pour résoudre les problèmes… de Lamproie. A l’inverse, les espèces évoluées gardent en elle de nombreux fonctionnements archaïques, comme l’homme qui peut à la fois lire Proust et se laisser influencer par une substance qui modifie son humeur [P77]
  • Les singes agressifs lobotomisés se calmaient dans l’instant même où le scalpel coupait la substance blanche sous le scalpel […] Tous les praticiens ont eu l’occasion d’observer des lobotomisés qui, après un accident de la route ou du travail, se sont transformés en légumes […] Mais les praticiens racontent aussi leur stupéfaction en découvrant parfois, au décours d’un scanner, un énorme trou à la place des lobes frontaux, alors que le sujet effectue les mêmes performances qu’avant. Il est même arrivé qu’on observe une amélioration apparente [P79-80] L’homme lobotomisé demeure immobile, alors qu’il a tout pour marcher. Il n’enchaine pas deux mots, alors qu’il a tout pour parler. Il vit assis, immuable, sans passé, sans projet, sans angoisse, sans ennui, et pourtant personne ne parle de bonheur. La clinique des lobotomies nous conduit à un douloureux paradoxe de la condition humaine : sans angoisse et sans souffrance, l’existence perdrait son goût […] L’angoisse nous contraint à la créativité, et la culpabilité nous invite au respect. Sans angoisse, nous passerions notre vie couchés. Et sans culpabilité, nous resterions soumis à nos pulsions [P81-83]
  • Les animaux produisent certainement de la pensée perceptuelle puisqu’ils savent faire un détour pour s’approcher d’un objet convoité […] ‘penser est une attitude mentale suspensive, prospective ou rétroprospective adoptée par un sujet, pouvant varier de la conscience la plus aigüe au rêve’ [P84-85]
  • Les chats miaulent peu entre-eux et ne ronronnent pas. En revanche, c’est ainsi qu’ils s’adressent aux hommes car ils ont compris que l’articulation sonore est, entre nous, un canal de communication privilégié [P110].

Sur la notion de plaisir :

  • Tant qu’un plaisir n’est pas satisfait, le manque les exaspère. Seul l’aboutissement pourra créer un apaisement, qui n’est pas une euphorie. Cela explique que tant de personnes qui ont poursuivi un rêve pendant des années s’étonnent d’éprouver, le jour où il se réalise, un sentiment de calme alors qu’elles attendaient une explosion de joie [P192]
  • Les médiateurs chimiques du plaisir sont nombreux : noradrénaline, cocaïne, amphétamines et dopamine, substances extérieures ingérées qui leurrent l’hypothalamus et déclenchent un plaisir artificiel, authentiquement éprouvé. Aujourd’hui, les peptides opiacés, les endorphines sont considérés comme les molécules de la jouissance [...] La phylogenèse des cerveaux nous laisse penser que l’évolution a mis en place des structures nerveuses capables de faire vivre l’organisme dans un monde de moins en moins perçu [P197]
  • L’évolution [...] a mis en place dans tout organisme une étonnante proximité entre le plaisir et la douleur. Les lieux du système nerveux où sont traitées les sensations du plaisir sont les structures mêmes qui contrôlent les voies de la douleur : la substance grise périaqueducale au centre de la moelle et les lames superficielles des cornes postérieures en périphérie; dans le cerveau, le thalamus, gare de triage des informations, et le système limbique, cerveau des émotions et des évènements passés [P201]
  • L’activation du système du plaisir entraine une sécrétion de phénylalanine qui augmente la synthèse de noradrénaline (neuromédiateur de l’éveil cérébral) et d’endorphines (morphines sécrétées par le cerveau). Mais, au dessus d’un certain seuil, ces substances stimulent le locus coeruleus qui en réponse, sécrète une substance facilitant la douleur physique et même morale  [P202]
  • Les circuits neurologiques traite le problème de la même façon : Les molécules du malheur les plus connues actuellement sont le lactate de soude dont l’injection déclenche une panique anxieuse, éprouvée jusque dans la douleur physique; certaines cortisones qui provoquent des rages incontrôlables; les bêta-bloquants centraux et certains antihypertenseurs qui provoquent parfois de belles dépressions [...] la stimulation excessive de la bandelette longitudinale inférieure stimule le faisceau latéral du thalamus, ce qui freine la sensation agréable. Et quand elle n’est pas bloquée, le plaisir mène à la souffrance ! L’orgasme douloureux en est l’illustration la plus claire. Mais le rire qui provoque une crise d’asthme ou le supporter de football qui éprouve une bouffée d’angoisse chaque fois que son équipe marque un but en sont d’autres illustrations [P203]
  • La passion est un leurre sentimental, une exaltation induite par une représentation, alors que l’orgasme est un leurre de sensation, un plaisir totalitaire provoqué par un super-signal, proche de la drogue [P207]

Sur les rêves :

  • Le sommeil paradoxal, récipient biologique à rêves, amorce un début de monde interne. L’organisme qui sécrète ce sommeil rapide garde en lui la mémoire de l’espèce et y ajoute celle de l’individu [P218]
  • Les poissons, les batraciens et les reptiles ne rêvent pas [...] Le sommeil à rêves apparait chez les oiseaux dont la température reste stable, et chez qui le néocortex commence à associer des informations éparses dans le temps et dans l’espace [...] Un chat fabrique 200 minutes par 24H de sommeil paradoxal, par fragments peu associateurs de 6 minutes. Alors que l’homme ne sécrète que 100 minutes mais par séquences de 20 minutes beaucoup plus associatives. Or les espèces à fort taux de sommeil paradoxal sont aussi les plus joueuses [P219]
  • Plus on vieillit, et moins on rêve (= la part du sommeil paradoxal décroit) : mais c’est peut-être tout simplement lié à l’apprentissage – on parle bien de jeu et le jeu est un mécanisme d’apprentissage par excellence. Cela est donc peut-être vrai statistiquement, mais ce n’est peut-être qu’une conséquence indirecte liée au fait que de nombreuses personnes âgées apprennent de moins en moins de choses en vieillissant, préférant le confort et la sécurité d’un environnement stable.
  • Ce qui se met en images et en émotions dans le monde interne de l’homme endormi, ce sont les grands thèmes permis par son programme génétique, et l’accomplissement de souhaits non conscients [P122]Encore une fois nous touchons à la notion de libre arbitre – ceci est bien mis en évidence par le travail de Jung sur le processus d’individuation.

En vrac :

  • [En parlant de la conscience et de l'impossibilité de l'existence d'une âme hors du corps :] Chaque niveau du vivant ne peut se construire qu’à partir du précurseur, où chaque étage de la construction diffère du précédent et s’appuie pourtant sur lui [P10]
  • L’analyse du monde l’analyse. Nous croyons le maîtriser, alors que nous donnons forme, simplement, à la représentation qu’on s’en fait [P19]
  • L’aliment nous offre une activité de prédilection pour fabriquer du social et de l’humanisation […] Tout se passe comme si les premiers chasseurs disaient : ‘la mort des autres nous donne vie’. Tuer devient alors un évènement, peut-être fondateur, de l’humanité […] Quand la mort a été donnée, j’imagine que les hommes préhistoriques ont éprouvé un intense sentiment de puissance, car l’animal tué témoignait de leur domination sur la nature et de la maitrise de la vie […] Dès le début de l’aventure humaine, la signification de la viande devenait fondamentale et même fondatrice, puisque pour chasser, il fallait organiser le social et inventer les artifices linguistiques et techniques […] La mise à mort est ritualisée, au sens animal du terme, car les gestes sont ordonnées, mais non historisés. Le groupe se coordonne et ne tue pas le gibier n’importe comment. Il l’éventre d’abord et finit par la tête en se répartissant les quartiers de viande […] Lorsqu’un animal souffre d’un trouble de conduite alimentaire, il faut chercher la cause dans son développement ou son contexte émotionnel. Mais, quand les comportements alimentaires d’un homme sont altérés, c’est dans la représentation qu’il se fait de l’aliment qu’il faut chercher la source [P52-55]
  • Les personnalités frontales nous font comprendre qu’un homme ne peut vivre sa condition humaine que lorsqu’il parvient à se libérer du présent [P81]
  • De tous les organismes, l’être humain est probablement le plus doué pour la communication poreuse (physique, sensorielle et verbale), qui structure le vide entre deux partenaires et constitue la biologie du liant [P90]
  • Le toucher est facile à utiliser. Il provoque une émotion si forte que le code du toucher est rigoureux : on ne peut pas toucher l’autre en n’importe quel endroit de son corps. La moindre déviation est intensément perçue et aussitôt décodée selon les normes culturelles [P94]
  • L‘odeur d’œuf pourri (Sulfure d’hydrogène, SH²) n’est pas une odeur que nous trouvons mauvaise de façon innée : c’est culturellement que nous apprenons qu’elle est mauvaise.
  • C’est la pensée collective qui crée ce qu’elle observe [P125]
  • Ce qui crée le sentiment de soi, c’est essentiellement la manière dont nos souvenirs construisent notre identité [P211]
  • Le mensonge est un triomphe de l’esprit [P231]. Il faut entendre ici, contextuellement, le mensonge comme notre capacité à nous mentir et à nous bercer d’illusions.
  • Jean Piat apprend à ses élèves que, si l’on dit « sortez, Monsieur » en désignant ensuite la porte, l’interprète se contente de fournir une succession d’informations. Mais s’il désigne silencieusement la porte, puis prononce la sentence, ses gestes soulignent les mots et augmentent leur puissance évocatrice [P235].
  • Les intellectuels ignorent à quel point un savoir non partagé se transforme en humiliation pour ceux qui n’y ont pas accès [... ce qui explique que] tant d’individus et de groupes culturels haïssent l’intelligence. [P255]

Thèmes connexes (non extraits du livre, mais abordés cependant):

  • Experimentum mirabile de imaginatione gallinae : 1646. Kircher lie ensemble les pattes d’une poule et la dépose sur le sol, couchée sur le flanc. L’oiseau fait quelques efforts pour se libérer, puis se calme. Un long trait rectiligne est alors dessiné à la craie sur le sol, en partant du bec de l’oiseau et on défait ensuite le lien qui enserrait les pattes. Quoique potentiellement libre, la poule ne fait aucun geste et conserve l’immobilité pendant de longues minutes. Kircher interprétait le phénomène en donnant au trait de craie une importance majeure. Selon lui, l’imagination de l’oiseau lui faisait confondre le trait de craie avec le lien qui l’entravait : il ne réagissait donc plus à l’enlèvement de celui-ci.  En fait, cette expérience doit avoir frappé plus encore l’imagination humaine que celle des gallinacés car le trait de craie, qui lui a valu sa renommée, n’est en rien nécessaire. Et cependant, nombreuses sont les personnes qui pensent encore de nos jours que les poules peuvent être immobilisées par le seul effet de la fascination exercée par un trait de craie tiré sous leurs yeux. En réalité, il suffit de retourner l’animal sur le dos et de le maintenir de force dans cette position jusqu’à ce qu’il se calme, pour qu’il conserve cette attitude imposée après que l’on aura plus ou moins progressivement relâché la contrainte exercée. Il n’est besoin ni de lien, ni de trait de craie. Celui-ci a peut-être le pouvoir de prolonger l’immobilisation mais il est mieux établi que c’est le regard de l’expérimentateur qui possède surtout ce pouvoir.

En conclusion

J’ai trouvé la lecture de ce livre très intéressante : elle met des mots sur des observations que nous réalisons au quotidien mais dont nous n’analysons pas forcément les tenants, ni les aboutissants. Je ne suis pas toujours d’accord avec ce qui est présenté comme des vérités. Ce ne sont que des supports de réflexions et l’auteur a souvent tendance à les présenter comme « allant de soi ». Il y a des raisonnements trop rapides et simplistes (l’histoire des chiens de race et des ouvriers par exemple), mais ils ne sont pas majoritaires. Si vous vous intéressez à la psychologie ou à la sociologie, ou si vous êtes tout simplement curieux sur l’idée du libre arbitre, je vous conseille fortement la lecture de cet ouvrage – dans tous les cas, Cyrulnik est un brillant analyste qui passe des thèmes, souvent complexes, à la moulinette de la vulgarisation avec un talent qui lui est propre. Je finirai par une citation de l’auteur [P279] : « L’homme est le seul animal capable d’échapper à la condition animale » que je rapprocherais de celle de R. Ettinger : « Il est dans la nature de l’homme d’aller à l’encontre de la nature ».

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