Mimivirus (contraction de Mimicking microbe virus, c’est-à-dire « virus imitant un microbe ») est un virus à ADN géant, plus gros que bien des bactéries. En 2009, son origine est sujette à discussion parmi les biologistes et certains voient en lui le représentant d’une nouvelle branche de l’arbre du vivant, donnant ainsi un argument supplémentaire en faveur des théories selon lesquelles les virus sont à considérer comme des êtres vivants à part entière. L’étude de mimivirus par l’équipe de Didier Raoult a permis de découvrir en août 2008 un nouveau type de virus, surnommé Spoutnik. Ce dernier a la particularité de ne pas pouvoir infecter de cellule, ce qui le rend inapte à se multiplier par la seule méthode alors connue chez les virus. Pour accomplir son cycle de réplication, il infecte un autre virus et détourne la machinerie cellulaire de la cellule-hôte, que le mimivirus a lui-même détournée. Ce nouveau type de virus parasitant d’autres virus a été nommé un virophage en référence au terme bactériophage qui désigne les virus infectant les bactéries. Cette découverte est une première et démontre la richesse et la complexité de ces particules aux frontières du vivant. De forme isocaédrique, il mesure 400 nanomètres de diamètre, contient environ 1 181 404 paires de bases et 1 262 gènes. Chose étrange, certains de ces gènes (une trentaine) ne sont pas présents chez les autres virus, mais le sont dans les organismes cellulaires, comme ceux codant des protéines de réparation de l’ADN ou de la traduction de l’ARN en protéines.
Ajout au 27/10/10: Un virus géant, découvert dans les océans, est à ce jour le plus gros virus marin jamais observé. Ses quelque 500 gènes lui confèrent probablement un cycle viral d’une grande complexité, flirtant avec celle du monde bactérien. Parasite d’une espèce de microzooplanton (Cafeteria roenbergensis), le plus grand virus marin jamais observé a été nommé CroV (Cafeteria roenbergensis virus). La taille de son génome est en effet impressionnante : son ADN double-brin est constitué de 730.000 paires de bases, soit plus que certaines bactéries. La partie centrale du génome, selon les estimations des chercheurs de l’université du Nebraska, code pour 544 protéines. C’est un homologue des Mimivirus (partage environ un tiers des gènes). Source: Claire Peltier, Futura-Sciences.


